Mercredi 31 mars 2010
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Dans un précédent article, vous avez pu prendre connaissance de l'utilité du certificat d'insaisissabilité. Mais en y
réfléchissant bien, quelle peut bien être son utilité dans le cadre du statut d'auto-entrepreneur?
C'est le seul point sur lequel on peut se poser la question. En effet, le statut d'auto-entrepreneur a été créé soit
pour engendrer un complément de revenus soit pour faciliter le démarrage d'une activité. De même, nous pouvons rester salarié tout en créant une auto-entreprise ce qui permet de ne pas quitter la
proie pour l'ombre.
Les législateurs ont donc pensé que ce document serait utile si l'auto-entrepreneur s'endettait en empruntant de
l'argent. Quel est l'intérêt, sans mauvais jeu de mots, de faire un prêt dans le cadre de ce statut puisque les frais y compris les intérêts, ne sont pas déductibles? Pour démarrer? Autant
commencer petit afin de grandir ou bien trouver une idée qui ne nécessite pas de mise de fonds au départ comme la plupart des activités liées aux prestations de service par
exemple.
La réussite de toute entreprise, quelle que soit sa forme, dépend d'une bonne étude de marché pour commencer puis
d'une bonne gestion, surtout d'une bonne gestion. Si on peut éviter d'emprunter au départ, autant se passer des services de la banque et trouver de bonnes idées. Et Dieu sait qu'elles
sont encore nombreuses à être inexploitées.
Le certificat d'insaisissabilité ne semble donc pas avoir sa place dans le cadre de ce statut car un bon
gestionnaire choisira une forme d'entreprise type Entreprise individuelle qui permet la déduction de tous types de frais, quels qu'ils soient, notamment s'il désire emprunter. Un bon gestionnaire
prendra également conseil auprès de professionnels style experts-comptables ou avocats afin que son entreprise progresse et ne se retrouve pas en difficulté dès la première année. On ne
s'improvise pas dirigeant malheureusement...
Si le statut d'auto-entrepreneur a ses avantages, il a également ses inconvénients, notamment les frais et les intérêts
des prêts qui ne sont pas déductibles. De même, le fait d'embaucher dans le cadre de l'auto-entreprise ne permet pas de déduire les charges sociales du salarié. Idem, contracter un bail
démontrerait une très mauvaise gestion de la part de l'auto-entrepreneur puisque les loyers ne sont pas déductibles.
Enfin, un exemple concret: une marchandise est achetée 20 euros puis revendue 40 euros avec 10 euros de frais d'envoi par
exemple soit un total de 50 euros. Les charges sociales, y compris l'impôt libératoire, seront de 13% sur 50 euros et non de 13% sur le bénéfice net soit 20 euros. Cette démonstration est très
dissuasive pour emprunter dans le cadre du statut d'auto-entrepreneur. Par conséquent, autant se développer doucement plutôt que de s'endetter. Qui va piano va sano.